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Rentrée scolaire : craintes et phobies PDF Imprimer Envoyer
Documentation

 

La rentrée scolaire peut être une phobie

Tous les enfants éprouvent un jour ou l’autre la peur d’aller en classe, peur que généralement ils surmontent. Pourtant, certains n’y parviennent pas et ne peuvent plus se rendre à l’école. C’est ce qu’on appelle la phobie scolaire. Praticien hospitalier dans le service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré (AP-HP), service unique en Ile de France dans sa façon de traiter la phobie scolaire, Marie France Le Heuzey s’y intéresse depuis 30 ans.

Elle offre son éclairage à travers les questions du webzine de l’AP-HP


La peur d’aller en classe est une véritable pathologie ou un caprice d’enfant ?
On se situe très loin du caprice lorsqu’au moment d’aller à  l’école, l’enfant manifeste une peur panique, paralysante, symptôme d’une souffrance  psychologique majeure. Il déclare d’ailleurs « je ne refuse pas d’aller à l’école, je n’y arrive pas ». Les causes, les mécanismes de survenue ont de multiples origines. La souffrance de l’enfant peut naître de la peur de se séparer de ses parents, de s’éloigner de sa maison, d’une agoraphobie (peur de la foule, des transports en commun...), de la crainte d’être réprimandé par des professeurs, malmené à la récréation par des élèves ou agressé sur le chemin de l’école etc. Il peut aussi souffrir d’anxiété de performance en particulier s’il est scolarisé dans un établissement élitiste qui soumet les élèves à une pression excessive favorisant la peur.Une souffrance dépressive peut aussi être à l’origine de la symptomatologie

Quels signes doivent alerter ?
Les enfants en mal d’école cumulent souvent plusieurs facteurs générateurs d’anxiété et les signes prennent diverses formes notamment selon l’âge. Par exemple, un jeune enfant ne sait pas parler de son anxiété lors de sa séparation avec ses parents, c’est son corps qui le trahit par des douleurs abdominales, des vomissements, des vertiges ou des difficultés respiratoires. Ces symptômes apparaissent uniquement en période scolaire. Dans d’autres cas, l’enfant ou l’adolescent se prépare pour aller à l’école, prend son cartable, part de chez lui, mais rebrousse chemin ou s’arrête devant la porte de l’établissement, incapable de la franchir.
Parfois, le jeune au collège commence par « sécher » un type d’enseignements : la gymnastique parce qu’on se moque de lui, ou les mathématiques difficiles à comprendre, ou encore le français pour ses zéros en dictée; puis cela s’étend à tous les cours.

Quels conseils donnez-vous aux parents d’enfant phobique ?
Un des premiers conseils consiste à la fois à valoriser aux yeux de leur enfant le rôle de  l’école, à ne pas disqualifier les professeurs, les programmes scolaires, tout en évitant de brandir l’école comme un épouvantail « tu vas voir la sixième, ça va être terrible’ ». Surtout,  ne jamais devenir complice de l’absentéisme en favorisant les mots d’excuse, ou dire, pensant bien faire, « tu resteras à la maison, nous t’inscrirons à des cours par correspondance » contribuant ainsi à maintenir l’enfant dans son isolement social. La famille prendra garde à ne  pas minimiser la situation car la souffrance de l’enfant anxieux est réelle et forte, et si des  symptômes dépressifs s’y associent, la gravité s’accentue. Elle doit réagir dès les premiers  signes et consulter rapidement le médecin traitant qui orientera vers un spécialiste car plus  l’absence se prolonge, plus la réintégration à l’école se révèle difficile.

Comment aider l’enfant à dépasser sa peur de l’école ?
Toute phobie scolaire doit faire l’objet d’une prise en charge psychologique, thérapeutique,  ciblée sur les symptômes en cause afin de reconduire peu à peu l’enfant sur le chemin de  l’école. Pour les cas les plus sévères, une hospitalisation en service de psychopathologie de  l’enfant et de l’adolescent peut être indiquée. Au sein de l’équipe thérapeutique, les  enseignants exerçant en milieu hospitalier réhabituent progressivement l’enfant aux tâches  scolaires, seul ou en petits groupe s pour le remettre au travail de manière souple, puis  l’accompagnent selon un programme « sur mesure » dans son école d’origine.
Pour sortir de ses difficultés, le jeune a besoin de la collaboration de tous, ses parents, les  soignants, l’école, laquelle doit accepter sa réintégration par paliers, avec des horaires  aménagés et l’accompagnement jusqu’en classe de son thérapeute

Observez-vous une augmentation du phénomène ?
En France, peu d’études épidémiologiques traitent de la phobie scolaire, cependant l’éducation nationale dispose de chiffres témoins de l’accroissement galopant de l’absentéisme scolaire. L’enfant, l’adolescent, en rupture scolaire constitue une réalité très présente comme le prouve l’augmentation des consultations de pédopsychiatrie à ce sujet et les nombreux appels au secours des parents. Ces derniers ne se sentent pas toujours assez écoutés par les enseignants, eux-mêmes souvent insuffisamment informés, sensibilisés au phénomène.


06/09/2013 vu sur le site de l’AP-HP liens :

http://lewebzine.aphp.fr/la-rentres-scolaire-peut-etre-une-phobie/
http://www.afpssu.com/ressources/la_rentree_scolaire_peut_etre_une_phobie.pdf

 

Mise à jour le Mardi, 28 Avril 2015 12:35
 

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